Témoignage de Fabrice Nora de VM Magazine

« Il faut une vraie implication du dirigeant qui doit faire entrer les salariés
dans une vision partagée »

Interview de Fabrice Nora, Président Directeur Général
Newsletter Mobilitis n°12 – Juin 2007




En mars dernier, VM Magazines, pôle magazines et livres du groupe Le Monde, a installé ses 650 collaborateurs sur 9000 m² dans l’ensemble BIOPARK, rue Watt, au sein de la ZAC Paris-Rive Gauche.





Comment a démarré votre projet de regroupement ?

FN : Le groupe Le Monde représente aujourd’hui environ 3300 personnes pour un chiffre d’affaires global de 650M€. Il est divisé en trois pôles d’égale importance, la presse quotidienne nationale avec Le Monde, la presse quotidienne régionale et la presse magazines et livres.
En 2002, Le Monde rachète Courrier International, Les Cahiers du Cinéma puis les Publications de la Vie Catholique, qui regroupent environ 25 titres, dont Télérama, La Vie, et la presse jeunesse avec Fleurus. Au total, le pôle ainsi constitué, VM Magazines, se compose de 12 sociétés réparties sur 8 sites différents. La décision de rassembler la quasi totalité des sociétés sur un site unique est prise début 2004.
Il s’agissait d’un projet ambitieux et compliqué par ses aspects logistiques, puisqu’il fallait gérer 8 déménagements, mais surtout en raison des aspects humains et de management.
En effet, la culture sociale des entités concernées était très diverse, certaines étant à 12, 13 ou 14 mois, aux 35h ou aux 32h. Nous avions 6 CE et CHSCT avec lesquels nous devions discuter pour harmoniser les statuts. De plus, il y a une forte habitude de dialogue social dans le groupe.
Rappelons que les actionnaires principaux du Monde sont ses salariés. Au-delà de la discussion sur la localisation du futur bâtiment, il fallait revoir l’organisation des services. L’informatique, les ressources humaines, la comptabilité, les services généraux et le marketing de toutes les entités devaient fusionner pour être mutualisés.

Quelle a été la raison du choix de Mobilitis pour vous assister dans c projet ?

FN : Un projet de regroupement de la nature du nôtre est complexe et nécessite de nombreuses compétences. On sous-estime la complexité des problèmes. Je ne l’avais moi-même pas appréhendée avant que je m’y implique complètement. Il nous fallait l’assistance d’une société spécialisée. Nous avons retenu la candidature de Mobilitis à la suite d’un appel d’offre, en raison en particulier de sa connaissance du monde de la presse, avec des références comme Emap (Mondadori) ou le Figaro. Nous avons commencé à travailler ensemble fin 2004.

Quelle a été la principale difficulté rencontrée ?
FN : Le plus dur était le choix du lieu car les besoins étaient très différents entre des journalistes de Télérama qui vont souvent à des projections du côté des Champs-Elysées, ou des chefs de pubs qui travaillent avec des agences localisées plutôt à l’ouest, ou encore les traducteurs de Courrier International qui sont sédentaires. Mobilitis nous a bien aidés lors de la recherche immobilière pour l'identification des possibilités. Mais la contrainte de prix a fait que celles-ci étaient relativement restreintes. Trois sites ont été pré-sélectionnés. Nous avons choisi la rue Watt en raison du coût.
Le montant du loyer nous permettait d’investir dans les travaux, les aménagements, les équipements informatiques. Par ailleurs, la holding du Monde se trouve aussi dans le 13ème, boulevard Blanqui. Le seul inconvénient est l’environnement qui va être un peu difficile pendant un an ou deux, puisque c’est un quartier en pleine construction. Le site a été fortement combattu par les journalistes, en raison de son éloignement. Nous avons pourtant veillé à choisir un immeuble proche des transports en commun, et celui-ci se trouve à proximité de la ligne 14 et du RER C. Il y a eu plus de 70 réunions syndicales pour discuter du regroupement. Nous avons signé le bail en mars 2006 seulement. Mobilitis a également conduit une belle négociation sur la franchise, qui a permis de compenser le retard pris sur le projet en raison des négociations sociales.

Selon vous, quelles sont les conditions de réussite d’un tel projet ?

FN : Tout d’abord cela nécessite une vraie implication du dirigeant qui doit entraîner les salariés dans une vision partagée. Il faut leur faire comprendre les bénéfices du projet, passer beaucoup de temps dans des discussions pédagogiques. C’est un projet d’entreprise à partager. Il faut aussi désigner une personne dédiée à 100%, à côté du patron de l’entreprise, un chef de projet. Enfin, une société spécialisée en aménagement comme Mobilitis est indispensable, de même que des compétences de Bureau d’Etudes Techniques. On n’imagine pas la complexité des problèmes techniques. Il est essentiel de constituer une équipe où chacun respecte les compétences de l’autre avec un homme orchestre qui coordonne tout ça. Par exemple, Mobilitis avait une compétence sur le mobilier pour les aspects techniques et esthétiques, et nous avons formé un tandem avec une de nos acheteuses pour les commandes. Nous avons aussi associé une de nos ressources internes avec Mobilitis pour l’évacuation des sites quittés. Globalement, l’équipe formée autour de notre projet a bien « ronronné ». L’organisation prend beaucoup de temps. On s’est appuyé sur un tableau de bord extrêmement précis, qui était présenté chaque semaine lors des Comités de Pilotage. Ce tableau de bord permettait de suivre les dépenses, les devis, les ordres de service et de maîtriser ainsi les coûts. Nous avons pu au final rester dans le budget défini avec plus de m² que prévus et malgré les quelques surprises au niveau des travaux.



Quel est le bilan de l’opération deux mois après votre installation rue Watt ?

FN : L’organisation souhaitée a été mise en place, avec en particulier la mutualisation des services et le transfert d’une quarantaine de personnes qui ont changé de société.
Les aménagements sont très réussis. La consultation sur le mobilier proposée par Mobilitis a permis à tous les salariés de se sentir impliqués et écoutés. Après d’énormes réticences, renforcées par une intoxication de certains syndicats, les gens ont été agréablement surpris à leur arrivée.
Il y a de grandes terrasses dans l’immeuble et chaque titre a aménagé la sienne. On va y fumer, boire un café ou même travailler. Les deux RIE proposés constituent un avantage par rapport à la situation précédente. Enfin, on sent déjà émerger un sentiment de groupe. Nous avons organisé une grande réunion à notre arrivée avec tous les collaborateurs. Et chaque lundi matin, un café-croissant est offert à tous. Les gens se rencontrent. Même ceux qui travaillaient au sein d’une même société ne se connaissaient pas toujours, soit parce qu’ils se trouvaient sur des sites différents, soit parce qu’ils étaient installés dans des vieux bâtiments avec des escaliers, des petits bureaux et qu’ils hésitaient à se déplacer. La mixité est créée par le RIE, la cafétéria et surtout l’unicité des locaux. Il se produit un changement des modes de travail. Des rédacteurs en chef qui se retrouvaient uniquement en réunion une fois par semaine ont désormais leurs bureaux à dix mètres l’un de l’autre. On attend beaucoup de cela 

SUPERFICIE 9 000 m²
EFFECTIF 650 personnes
ADRESSE BIOPARK – 5, rue Watt
75 013 Paris
INTERVENTION De janvier 2005 à mars 2007
LA MISSION DE MOBILITIS






  • Pré-programme et constitution du cahier des charges de la recherche
  • Recherche immobilière, conduite des négociations et transaction
  • Conception des espaces de travail
  • Gestion du mobilier
  • Maîtrise d’œuvre des aménagements
  • Ingénierie du transfert